Soutien à la commune de Birni N'Gaouré, Niger

De plus en plus d’habitants et de moins en moins de nourriture: le constat est effrayant. Mais les habitants de Birni N’Gaouré au Niger ne se laissent pas abattre. Grâce au soutien de SWISSAID, ils mènent une contre-offensive – et améliorent pas à pas leur existence.

En Afrique de l’Ouest, les deux tiers de l’État du Niger sont recouverts par le désert. Et 11% de sa surface seulement est cultivable. Les habitants du pays souffrent de malnutrition. Et l’eau, pourtant si précieuse, manque: «Le problème principal, c’est l’eau. Pour boire certes, mais également pour l’agriculture et pour le bétail», expliquait il y a un an Hassane Mamoudou, conseiller technique auprès d’un programme gouvernemental d’entraide, au journal britannique «The Guardian». Il est inquiet: «Autrefois, nous avions une crise alimentaire tous les dix ans, puis tous les sept ans, tous les cinq, et désormais tous les deux ans. Ces crises se pendent à nos basques et sont de plus en plus fortes.»

L’eau éternelle: d’abord trop peu, puis trop

Les précipitations sont imprévisibles, ce qui n’améliore pas la situation. Souvent l’eau manque pour irriguer les champs. Ensuite, il en tombe de telles quantités que les semences sont emportées, au point qu’à la fin il ne reste qu’une maigre récolte.

Grâce à ses différents cours d’eau et au niveau élevé de sa nappe phréatique, Boboye, l’un des départements les plus fertiles du pays, convient parfaitement à l’agriculture. Et pourtant, le rendement des sols ne suffit pas à nourrir les habitants et le bétail de la commune de Birni N’Gaouré. Pire encore: la nature fait un pied de nez aux efforts des hommes et des femmes pour tirer quelque chose de la terre même en période de sécheresse, grâce à l’agriculture ou à la pêche: les sols sont trop salins, les cours d’eau sont submergés.

Trouver des solutions à long terme

Dans la commune de Birni N’Gaouré, afin que les familles paysannes ne soit pas livrées pieds et poings liés aux caprices de la nature et aux conséquences des changements climatiques, SWISSAID soutient un projet visant à l’édification de banques des céréales et de bétail et au développement de la culture maraîchère. La mise à disposition de céréales ou d’animaux utiles, acquis sous forme de prêt équitable, aide les paysans et paysannes à réduire leur endettement et à mieux planifier l’alimentation de leur famille. Quelque 23 banques des céréales disposant d’un stock de base de dix tonnes de céréales ont déjà été mises sur pied, dont neuf grâce au soutien financier de SWISSAID.

Des actions ont également été entreprises pour soigner le bétail: lors des premières phases, afin de ne pas avoir des kilomètres à effectuer pour rassembler et vacciner les animaux, huit couloirs de vaccination ont été construits, dans lesquels le bétail reçoit une piqûre les protégeant contre les maladies contagieuses. De même, en collaboration avec la population, SWISSAID s’active à régler le conflit entre les cultivateurs et les éleveurs autour de l’utilisation des sols afin de favoriser un traitement plus respectueux de la terre et de l’environnement. Un début prometteur mais largement insuffisant au vu de la croissance de la population (de 3,3% en 2011 selon les estimations officielles).

Problème supplémentaire à régler: l’état pitoyable du marché local. Bien qu’il soit très important pour l’échange de biens de la région, il a été détruit par les pluies. Son infrastructure est tellement endommagée que l’eau peut y pénétrer mais ne peut plus en sortir. Il ne peut être utilisé et, par conséquent, ne génère plus de revenus.

D’un côté, l’engagement et de l’autre, les obstacles

En fin 2011, une évaluation a indiqué que de nombreux villages de la commune de Birni N’Gaouré étaient fortement endettés. L’année précédente, ce n’était guère mieux: en 2010, les champs et les récoltes ont subi de telles inondations qu’un projet d’aide d’urgence a dû être mis en œuvre. De multiples mesures doivent être prises afin d’assurer à long terme la survie des femmes, des hommes et des enfants.

Les femmes de Birni N’Gaouré ont eu une idée fantastique, qu’il s’agit maintenant de soutenir: lorsque la récolte principale est effectuée et que les hommes quittent la ferme pour trouver un travail saisonnier en ville, elles utilisent les sols inexploités pour cultiver des légumes. L’objectif étant de compléter leur maigre régime alimentaire avec des produits frais. Et leur joie est grande lorsqu’elles parviennent à mettre de côté une partie de leur récolte pour la vendre, et ainsi, à couvrir les besoins de base de leurs familles. Lorsqu’elles ont suffisamment de temps et de moyens, elles se lancent dans l’élevage de petit bétail.

Une aide pour les oignons, la salade et les concombres

Assamaou Kosseyti met du cœur à l’ouvrage: la dynamique maire de Birni N’Gaouré travaille en partenariat avec SWISSAID et s’enthousiasme de la collaboration réussie, qui existe depuis 2006 déjà, entre la population et l’œuvre d’entraide suisse. Dans la phase actuelle, l’équipe, très engagée, a délimité les objectifs suivants:

Une centaine de femmes sont équipées d’outils de jardinage et de semences, afin de se lancer dans leur propre production de légumes. En outre, dans l’un des villages, un champ d’un hectare et demi est entouré d’une clôture permettant de protéger les légumes de la voracité des chèvres et des autres animaux. Deux nouveaux puits sont creusés, et deux stations de pompage d’eau sont remises en état. Deux banques des céréales, gérées de manière autonome par la population, permettent de contourner les impasses alimentaires. Les deux nouvelles banques du bétail, permettant aux familles pauvres d’obtenir des animaux pour démarrer leur propre élevage – prêt «en nature» qu’elles doivent ensuite rembourser sous forme de jeunes animaux –  poursuivent le même objectif. Pour garantir la survie de ces projets à long terme. SWISSAID organise des formations pour une centaine de paysans et paysannes. Ces programmes comprennent aussi des formations continues en agriculture, management et gestion des stocks.

Avec la planification et la coordination de ces nombreux projets, la maire Assamaou Kosseyti et son équipe ont beaucoup d’ouvrage sur le métier et le seul ordinateur disponible n’y suffit pas. Grâce à l’aide de SWISSAID, leur bureau a été équipé techniquement et ils peuvent désormais produire et imprimer des documents directement sur place. Pour eux, c’est un immense soulagement.

Plus d'info: http://www.swissaid.ch/fr/les-crises-se-pendent-a-nos-basques